LouiseMarcel

15 novembre 2010

à Damien

T’arrives, comme ça, énervé,

Chargé d’électricité,

Comme un cacou d’ la cité,

Un enfant blessé.

De nouveau sous le joug de la servitude

Tu nous rends responsable de ta solitude,

Tu n’veux pas être un adulte

Tu penses ne pas en avoir l’aptitude.

Mais quel exemple suivre ?

Alors tu t’enivres

Devant ton écran éteint

Tes efforts sont vains.

Ton entourage, tes proches

te jugent, te reprochent.

Y a un élément qui t’échappe,

Le désespoir te rattrape.

La vie, tu la voulais pleine d’ivresse,

d’euphorie, de jeunesse.

Aujourd’hui c’est un combat,

Tu vieillis, t’acceptes pas.

Mais baisse les armes,

Tu vas y perdre ton âme,

Réveille-toi,

Il est plus fort que toi.

La vie tu peux encore en jouer.

A petite cause, grands effets.

Elargis ton champ de vision.

Modifie ta perception.

Redécouvre l’effervescence

De la vie, de son essence.

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Absence

Il y a un avant et un après.

Ce n’était pas qu’un moment d’absence.

La jouissance s’est transformée en accoutumance puis en dépendance et pour finir en souffrance.

Malgré certaines alarmes qui m’ont fait l’amitié de s’allumer, j’ai fait alliance avec une sorte de diable.

Atrophiée, voire annihilée de mon humanité, je me suis perdue dans les méandres de l’alcoolo-dépendance.

Un monstre amer voulant assouvir son appétit féroce.

Une terre aride que l’on arrose et qui aussitôt reprend de plus belle son aridité.

Je vous l’accorde c’est un peu alambiqué mais c’est encore aujourd’hui pour moi de l’ordre de l’incroyable et je prie, non, je supplie pour que ce mal me quitte.

« Je te donne tout ! Mon or, mon argent !...

Non tu ne veux pas de cela tu veux mes plus belles amours, mes plus fidèles amitiés ?...

Va t’faire voir !

Je résiste et prends le temps comme allié.

Je t’aurai un jour, je t’aurai ! »

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12 novembre 2010

L'amour, un mois c'est tout

et toujours ce silence....chaque jour j'y pense;

Cela m'embète, que s'est il passé dans ta tête.

Me dire que tu m'attendais depuis si longtemps,

que je t'apportais énormément.

Ne me fais pas mal, surtout ne me fais pas mal !

Comme tu as pu me le répéter...

Cela va faire un mois, un mois que j'y pense

un mois de silence...

Je ressens un vide, un vide dans ma tête, un vide dans mon être.

Je te voyais port et me voyais à quai.

Je suis devenue bateau ivre,

bateau fantôme, à la dérive.

M'aurais-tu jeté un sort, serais-je empoisonnée ?

Peux-tu seulement encore me ramener dans tes filets ?

Je te voulais sémaphore et je n'ai pas vu la bouée

marquée : danger !

Je te voyais port et moi amarrée.

Je voulais jeter l'ancre et faire des projets

mais j'ai dû repartir sans raisons me donner.

Pourquoi ? Pourquoi si fort, pourquoi si vite

Sans savoir pourquoi, aujourd'hui la fuite...

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07 avril 2010

Fins d'histoire

Fin d’histoires

Je vais vous lire quelques fins ou extraits d’histoires. Certains sont imaginaires, d’autres retranscrits.

Je vous laisse le soin d’en imaginer le commencement.

-         Rémi retrouva enfin sa famille. Il se maria avec Lise et eut beaucoup d’enfants.

-         Quel drôle d’air j’avais quand j’étais une marionnette au bout de cette ficelle et comme je suis content d’être devenu un vrai et bon petit garçon.

-         C’était de la pure folie, elle en était consciente mais quel bonheur en cet instant de lui dire « Oui ».

-         C’est encore grâce à son fil que l’araignée sauva de nouveau la planète.

-         Tout à coup la prison bien close, où vivait le bel animal,

S’ouvre, on n’sait pourquoi, je suppose, qu’on avait dû la fermer mal.

-         Ce qui les inquiète toutes, à leur propre sujet, c’est la facilité avec laquelle je me console du départ de la précédente. Sacha Guitry

-         

-         In fine, voici la fin de mon histoire préférée :

Si alors un enfant vient à vous, s’il rit, s’il a des cheveux d’or, s’il ne répond pas quand on l’interroge, vous devinerez bien qui il est. Alors soyez gentils ! Ne me laissez pas tellement triste : écrivez-moi vite qu’il est revenu….

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06 avril 2010

Satané miroir

Il faut que je vous raconte une histoire qui m’est arrivée il n’y a pas très longtemps.

En rentrant du travail comme tous les jours, je passe devant une pharmacie. Pharmacie que je connais bien puisque c’est ma pharmacie. Elle se situe dans ma rue, je suis donc obligée de passer devant à chaque fois que je sors ou rentre chez moi.

Ce jour-là, en passant devant, une image m’interpelle. Cette image c’était moi, moi qui passait devant la glace de la pharmacie. Et là grand coup de bourdon, je trouve mon visage pâle, fatigué, cheveux emmélés, je me trouve une sale tête.

Je rentre chez moi, la glace de l’ascenceur me renvoit la même image.

J’évite toute la soirée mon miroir, celui-même qui ce matin me reflétait quelque chose de valable. Je me mise à bouder, un silence de mort s’installait dans la maison.

Après une longue méditation qui me mangea, au minimum, la moitié de ma nuit, j’osai parler à mon miroir.

Je voulais modifier mon image et pour la première fois lui adressa la parole.

- « Miroir, ne peux tu pas me faire un peu plus belle ! »

Un peu perplexe et surtout apparemment emplit de pitiè dû au visage déprimé qu’il avait devant lui, alla s’enquérir auprès d’un médium.

Sa réponse fut sans appel, il ne pouvait faire aucun miracle pour moi.

Je lui répondis « Même pas capable de masquer une ride, une seule !

La colère montait à l’intérieur de moi, une révolte ! Il savait à ce moment là, que quite à abattre le mur qui le portait, sa fin s’annonçait !

Alors, il me regarda droit dans les pupilles et me dit après un long silence :

-« Un miroir ne peut agir, il ne sait que réfléchir ! »

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23 mars 2010

En sortant de l'hôpital

Quand elle est sortie de l'hôpital, elle n’a pas crié victoire. Elle savait que son combat venait tout juste de commencer.

D’ailleurs, était-ce un combat ?

Elle se disait que combat, c’était un mot de mec.

Elle ne voulait pas voir la vie comme un combat. Elle tenait à ce que la vie soit un plaisir.

Pour cela, il fallait, effectivement, vaincre ses peurs. S’en débarasser, les donner.

Elle peut vous les donner ?

Elle s’était réconciliée avec elle-même et cherchait à se réconcilier avec l’Autre.

C’était un voyage assez long où elle irait à la rencontre de gens vrais.

Ces dernières années étaient passées à une vitesse éclair.

Cela devenait vital de profiter, d’aimer, de croire.

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20 mars 2010

La réconciliation

La scène se passe bien des années après 1946. Après Martine qui est née en 1947 est arrivé Jean-Michel en 1950. Nous sommes dans les années 1980.

Marcel est bien mal au point. Il est malade mais surtout il est aigri, amer, il en veut à la terre entière et surtout à lui-même. Il passe sa journée à boire et se foutre des gens qui sont autours, même de sa petite fille. Il a beau l'ignorer, lui gueuler parfois dessus, elle vient tous les mercredis et elle ne lui dit rien. Elle le regarde avec un air de pitié qui le dérange.

Cet après midi là, il est assis comme d'habitude dans son fauteuil, devant la télé, à moitié endormi.

Sa petite fille s'approche, se pointe devant lui et lui dit :

-"Grand-Père, Mamie dit que tu es triste comme ça et que tu bois depuis que tu es revenu de la guerre."

Elle décide de s'asseoir sur ses genoux et continue : "Grand Père, est-ce que je peux faire quelque chose ?"

-"J'veux pas d' ta pitié. File !" répond Marcel énervé.

-"Grand-Père emmène-moi au parc !" lui dit-elle en décidant ce jour là de ne pas se faufiler.

Il l'a regarda un long moment, lui prit la main et en sortant dit à Mamie "Nous sortons".

Nous restâmes tous les deux sur le banc, Grand-Père à fumer sa pipe, moi à balancer mes pieds dans le vide.

Nous ne dîmes pas un mot, c'était inutile.

Depuis ce jour, Papi m'emmena au parc toutes les semaines. Petit à petit, il me raconta ce qu'il avait vécu à la guerre, mais que des histoires drôles. Elles nous faisaient poiler tous les deux. J'avais un malin plaisir à lui demander de me répéter les histoires qui nous faisaient le plus rigoler, notamment son évasion en compagnie d'un cochon. Sa tentative avait échoué mais qu'est ce que c'était drôle.

J'adorais aussi quand il me parlait en allemand.

Du coup, j'ai cru longtemps que la guerre était quelque chose de très rigolo.

Aujourd'hui mon Grand-Père est mort depuis 20 ans mais je sais que ces moments d'échanges et de grandes complicités l'ont permis de se réconcilier avec son passé, avec lui même. D'ailleurs, à la fin, il ne buvait presque plus.

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L'après-guerre

Marcel était revenu de la guerre qu'en 46. L'un des derniers à revenir d'Allemagne.

Pourquoi ? Je l'ignore.

Il était évidemment très content d'être revenu, surtout de retrouver Georgette, sa femme. Ils avaient réussi à correspondre mais ne s'étaient vu pendant six ans.

Ils s'étaient mariés en 1938 et avait dû partir très vite à la guerre. Il était de nationalité belge.

Il était fou amoureux de sa femme, il la trouvait belle. Comment lui avait pu épouser une aussi jolie femme !

et si joyeuse, si légère !

En revenant de la guerre, ils ont repris le commerce de Zéphir (le père de Marcel), un commerce de charbon.

C'est pour ça d'ailleurs que Georgette avait épousé Marcel car c'était un commerçant. Elle ne voulait plus de cette vie de misère. Son père avait été tué en 1917 sur le chemin des Dames du côté de Verdun. Son corps n'a jamais été retrouvé.

Marcel ne parla pas trop de ce qui c'était passé en Allemagne. Il ne voulait pas gâcher le plaisir qu'ils avaient de se retrouver.

Il voulait un enfant, très vite. Georgette allait avoir 30 ans. Marcel voulait une fille, à tout prix. Une fille !

Il l'appellerait Martine. C'était très bien Martine. Ce prénom commençait comme le sien.

En novembre 1947, Martine arriva !

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